Les citoyens britanniques peuvent-ils encore acheter un bien immobilier en France après le Brexit en 2026 ?

Oui, les citoyens britanniques peuvent toujours acheter un bien immobilier en France en 2026. Le Brexit n’a pas mis fin à leur droit d’acheter une maison, un appartement ou une résidence secondaire en France. La législation française n’interdit pas l’accès à la propriété en fonction de la nationalité britannique.

Si vous avez fréquenté ne serait-ce qu’un peu les forums d’expatriés britanniques depuis 2021, vous avez sans doute croisé quelqu’un convaincu que le Brexit avait mis fin à son rêve d’acquérir une maison en Dordogne, un chalet dans les Alpes ou un château français. Ce n’est pas le cas. Ce qui a changé depuis le Brexit, ce sont surtout les conditions qui entourent l’achat, notamment la résidence, le financement et les démarches administratives.

Pour les acheteurs britanniques non-résidents, l’accès au crédit immobilier français peut notamment être plus exigeant qu’avant le Brexit. Les banques demandent souvent un apport personnel d’environ 30 % du prix d’achat, contre environ 20 à 25 % pour certains profils européens, avec des conditions de financement qui peuvent également varier selon la situation de l’emprunteur.

Ce guide détaille donc ce qui a réellement changé pour les citoyens britanniques souhaitant acheter en France depuis le Brexit et ce qui n’a pas changé : le droit d’acheter un bien immobilier, les possibilités d’y séjourner, l’accès au financement français et la possibilité de réaliser certaines démarches à distance, sans avoir à se déplacer en France à chaque étape.

 

Points clés à retenir

  • Les droits à la propriété restent inchangés : tout ressortissant étranger, quel que soit son pays d’origine, peut acheter un bien immobilier en France. Le Brexit a modifié les règles en matière de résidence et de services bancaires, mais pas l’accès à la propriété.

  • Le séjour dans votre logement français n’est pas automatique au-delà de 90 jours : les séjours de courte durée relèvent de la règle Schengen des 90/180 jours, et tout séjour plus long nécessite un visa de long séjour.

  • Les conditions de financement sont devenues plus strictes, mais pas impossibles à remplir : les banques françaises exigent généralement des acheteurs non-résidents, y compris les Britanniques, un apport personnel de 30 % et davantage de formalités administratives, tout en respectant le même plafond de 35 % du ratio revenu/dette qui s'applique à tous les emprunteurs.

 

Qu’est-ce qui a réellement changé pour les acheteurs britanniques après le Brexit ?

Avant 2021, un acheteur britannique en France était, d’un point de vue juridique, un citoyen de l’UE comme les autres. Depuis le 1er janvier 2021, les ressortissants britanniques sont considérés comme des ressortissants de pays tiers en matière de résidence et d’immigration, conformément aux directives du gouvernement britannique. Ce changement de statut a une incidence sur la durée de votre séjour, le type de visa dont vous avez besoin et la manière dont une banque française évalue votre dossier. Il n’affecte en rien votre droit d’achat : l’acquisition d’un bien immobilier en France n’a jamais dépendu de la nationalité ni de l’appartenance à l’Union européenne, que l’acheteur soit britannique, canadien ou japonais.

Le seul groupe qui bénéficie d’un régime allégé est celui des personnes qui vivaient déjà en France avant la date butoir. Si vous vous êtes installé en France avant le 1er janvier 2021 et que vous y vivez de manière ininterrompue depuis, vous détenez probablement, ou devriez détenir, un titre de séjour « Withdrawal Agreement Residence Permit » (WARP), qui préserve des droits globalement équivalents à ceux des ressortissants de l’UE. Toute personne arrivant après cette date est soumise aux règles standard applicables aux ressortissants de pays tiers.

 

La règle des 90/180 : combien de temps les Britanniques peuvent-ils séjourner dans leur résidence secondaire en France ?

Cette règle est souvent oubliée, mais elle revêt une grande importance pour les propriétaires de résidences secondaires. En tant que ressortissants hors UE, les citoyens britanniques peuvent passer jusqu’à 90 jours au cours d’une période glissante de 180 jours sur l’ensemble de l’espace Schengen, et pas seulement en France, sans avoir besoin de visa. Le fait d’être propriétaire du bien immobilier n’ajoute pas de jours supplémentaires : le décompte s’applique de la même manière, que vous séjourniez à l’hôtel ou dans votre propre maison.

Si vous souhaitez passer plus de temps que cela, que ce soit réparti sur l’année ou en une seule longue période, vous devez obtenir un visa de long séjour. Pour la plupart des propriétaires d’une résidence secondaire, le visa de long séjour « visiteur » (VLS-TS) est le plus adapté ; il nécessite de justifier de revenus stables ou d’une épargne suffisante ainsi que d’une assurance maladie privée, et ne vous autorise pas à travailler en France. Il s’agit d’un compromis délibéré : plus de temps passé dans le pays en échange de la garantie que vous ne constituerez pas une charge financière pour celui-ci et que vous ne serez pas en concurrence pour un emploi en France.

 

Comment les banques françaises calculent-elles la capacité d’emprunt lorsque vos revenus sont libellés en livres sterling ?

Les banques françaises appliquent à tous le même plafond légal de ratio d’endettement : le montant total des remboursements mensuels, assurances comprises, ne peut dépasser 35 % du revenu net, une règle fixée par le Haut Conseil pour la stabilité financière (HCSF). Au Royaume-Uni, il n’existe pas d’équivalent direct. Les prêteurs britanniques procèdent plutôt à une évaluation individuelle de la capacité de remboursement, en testant votre capacité à continuer de payer en cas de hausse des taux pendant au moins cinq ans, conformément aux règles MCOB de la FCA, sans ratio fixe associé. Par ailleurs, la Banque d’Angleterre plafonne le nombre de prêts immobiliers qu’un prêteur peut accorder à 4,5 fois le revenu ou plus, ce qui représente actuellement au maximum 15 % des nouveaux prêts accordés par ce prêteur chaque année, plutôt que de plafonner le ratio d’un emprunteur individuel. Ainsi, un acheteur britannique habitué à être évalué sur la base de sa capacité de remboursement et d’un quota applicable à l’ensemble des prêteurs se retrouve confronté à un système français qui applique au contraire un plafond fixe à chaque emprunteur, qu’il soit résident ou non.

Les acheteurs britanniques sont également exposés à un risque de change dont ne souffrent pas les acheteurs de la zone euro : vous gagnez et épargnez en livres sterling, mais le prix d’achat, les frais de notaire et les mensualités de prêt immobilier sont tous libellés en euros. Si la livre sterling s'affaiblit par rapport à l'euro entre le moment où le prix est convenu et celui où la vente est finalisée, souvent plusieurs semaines ou mois plus tard, le même montant en euros coûte plus cher en livres sterling. Certains courtiers et banques proposent des contrats à terme ou des blocages de taux pour fixer le taux de change à l'avance ; il vaut mieux se renseigner à ce sujet avant de s'engager sur un prix plutôt que de supposer que le taux du jour restera inchangé jusqu'à la finalisation de la vente.

La différence entre la livre sterling et l’euro peut également amener certaines banques à appliquer une réduction aux revenus étrangers. La plupart appliquent une réduction liée au risque de change de 10 % à 20 % aux revenus en livres sterling avant de calculer la capacité de remboursement. La logique étant qu’un crédit immobilier peut s’étaler sur 15 à 20 ans, et que les taux de change fluctuent considérablement sur cette période. Si la livre perd de sa valeur par rapport à son cours actuel, les banques se seront ainsi assurées que vous serez toujours en mesure de payer vos mensualités.

 

Résident français ou non-résident : quelles sont les différences concrètes entre les conditions de crédit immobilier ?

Pour les non-résidents, les différences commencent au-delà du plafond des 35% de revenus. L’apport personnel des acheteurs non-résidents, y compris les Britanniques, s’élève généralement à 30 % du prix d’achat, contre environ 10 % pour un résident français. Pour un bien immobilier de 300 000 €, cela représente 90 000 € en espèces, avant même de prendre en compte les frais de notaire. L’argent ne fait pas le bonheur, mais il permet d’acheter une maison en pierre en Provence, à condition d’apporter d’abord 30 % de cette somme en espèces.

Préparez-vous également à fournir davantage de documents : les banques demandent généralement environ 12 mois de relevés bancaires aux demandeurs non-résidents, contre environ 3 mois pour les résidents, ainsi que des traductions certifiées conformes en français des justificatifs de revenus étrangers. De nombreux autres documents sont nécessaires pour constituer un dossier complet ; ils seront énumérés dans la FAQ ci-dessous.

En ce qui concerne les taux, le taux moyen des prêts immobiliers en France (résidents et non-résidents) s’établissait à 3,40 % en août 2026, selon le baromètre d’août de Pretto. Ce taux est nettement inférieur à ce qui est proposé au Royaume-Uni, même si les non-résidents bénéficient en moyenne de taux de 3,90 % : selon Moneyfacts, les taux fixes britanniques se situaient entre 4,3 % et 4,5 % pour les contrats de 2 et 5 ans début août 2026. Les taux sont fixés en fonction de la durée du prêt et de l’évaluation des risques effectuée par la banque sur le dossier, et non pas directement en fonction de la nationalité ; toutefois, dans la pratique, un apport personnel plus important et un dossier administratif en règle permettent généralement d’obtenir de meilleures conditions.

Criteria French Tax-Resident EU Tax-Resident (non-French) British Non-Resident
Minimum down payment 10% to 15% ~20-25% ~30%
Maximum loan term 25 years 15-20 years 15-20 years
Average interest rate ~3.40% ~3.80% (resident rate + 0.40 pt) ~3.90%
Foreign income haircut Not applicable Not applicable if paid in euros, otherwise 10-20% 10-20%
Lender access All banks All banks generally Specialist non-resident lenders

 

Impôt sur la fortune et autres coûts à prévoir

Les non-résidents sont assujettis à l’impôt français sur la fortune immobilière (IFI) uniquement pour les biens situés en France, et seulement lorsque le patrimoine immobilier français imposable net dépasse 1,3 million d’euros, selon impots.gouv.fr. En dessous de ce seuil, aucun impôt n’est dû. En revanche, dès que ce seuil est franchi, l’impôt est calculé selon le barème progressif complet à partir de zéro, et non pas uniquement sur la partie supérieure à 1,3 million d’euros : 0 % jusqu’à 800 000 euros, puis 0,5 % sur la tranche comprise entre 800 000 et 1,3 million d’euros, puis 0,7 % entre 1,3 million et 2,57 millions d’euros, et ainsi de suite. Un mécanisme d’allègement atténue l’impact pour toute personne dont le prix d’achat se situe juste au-dessus de la barre des 1,3 million d’euros, jusqu’à 1,4 million d’euros.

Notez que cet article s’adresse aux personnes fiscalement résidentes au Royaume-Uni, ou plus généralement hors de France. Si vous êtes résident fiscal français, vous bénéficierez de meilleurs taux, de durées de prêt plus longues et d’un apport moins élevé. Si c’est votre cas, nous vous recommandons plutôt de lire cet article : « Comment fonctionne un crédit immobilier en France en 2026 ? Le guide complet ».

Les frais de notaire constituent l’autre coût initial important : environ 7 à 8 % du prix d’un bien immobilier existant, principalement composés de taxes et de droits d’enregistrement plutôt que des honoraires du notaire lui-même, selon Notaires de France. Il faudra également compter les frais récurrents liés à l’assurance emprunteur, qui est obligatoire dans la pratique.

 

Ce tableau présente le détail du calcul du prêt :

Item Amount
Purchase price €400,000 (~£341,500)
Notary fees (~8%) €32,000 (~£27,300)
Total acquisition cost €432,000 (~£368,800)
Down payment (30%) €129,600 (~£110,600)
Maximum loan amount €302,400 (~£258,200)

Acheter sans se rendre en France : signature à distance par procuration

Aucune de ces démarches ne nécessite de prendre l’avion. Depuis un décret de 2020, les notaires français peuvent établir des procurations authentifiées par vidéoconférence, selon Notaires de France. Le notaire lit le document en direct par vidéo, puis envoie un lien de signature électronique ; vous confirmez l'opération à l'aide d'un code reçu par SMS. Si le notaire n'a pas vérifié votre identité en personne au cours des dix dernières années, un contrôle d'identité à distance supplémentaire (via IDnow) est requis avant la signature. De l'offre initiale à la signature finale, un acheteur britannique peut mener à bien un achat immobilier en France entièrement depuis son domicile.

 

Quelles sont les différences entre les délais au Royaume-Uni et en France ?

Au Royaume-Uni, un achat immobilier, de l’acceptation de l’offre à la finalisation de la transaction, prend généralement entre 12 et 16 semaines, selon la HomeOwners Alliance, en fonction des résultats de l’expertise et de la rapidité avec laquelle les vérifications sont effectuées. Ce délai n’est pas très éloigné de celui en vigueur en France : un acheteur britannique doit compter entre 6 et 12 semaines entre la demande de prêt et l’offre de prêt officielle, auxquelles s’ajoutent un délai de réflexion obligatoire de 10 jours avant de l’accepter, ainsi que la signature chez le notaire, ce qui porte le délai total à environ 3 à 4 mois entre la signature du compromis de vente et la remise des clés. Les deux processus ne sont pas identiques quant aux causes des retards (au Royaume-Uni, le transfert de propriété est ralenti par les vérifications et les chaînes de vente, tandis qu’en France, ce sont la condition suspensive de financement et le délai de réflexion légal qui constituent les principaux freins), mais la durée totale d’attente est similaire.

 

Financer votre projet depuis le Royaume-Uni

Le Brexit a modifié les formalités administratives liées à l’achat d’un bien immobilier en France, mais n’a pas remis en cause la possibilité de réaliser cette opération. Constituer ce dossier seul, traduire des documents à la va-vite, deviner quelles banques exigent quoi et dans quel ordre, c’est une façon très « Mr Bean » d’acheter une maison à l’étranger : techniquement possible, parfois chaotique, mais bien plus simple avec quelqu’un qui maîtrise parfaitement le système, formalités administratives comprises.

Chez Opeongo Finance, nous aidons les acheteurs britanniques, qu’ils soient non-résidents ou expatriés, à constituer un dossier que les banques françaises approuveront réellement, en tenant compte dès le départ de l’apport personnel, des pièces justificatives et de la question des devises. Que vous soyez encore en phase de recherche ou que vous ayez déjà un bien en vue, discutons de votre projet, sans engagement.

Les ressortissants britanniques peuvent-ils toujours acheter légalement un bien immobilier en France après le Brexit ?

Oui. La législation française n’a jamais imposé de restrictions à l’acquisition immobilière en fonction de la nationalité, et le Brexit n’y a rien changé. Ce qui a changé pour les acheteurs britanniques, ce sont le statut de résidence, les obligations en matière de visa pour les séjours de longue durée et les conditions appliquées par les banques françaises pour le financement des non-résidents.

La règle des 90/180 : combien de temps les Britanniques peuvent-ils séjourner dans leur résidence française ?

Jusqu’à 90 jours au cours d’une période glissante de 180 jours, sur l’ensemble de l’espace Schengen, sans visa. Le fait d’être propriétaire du bien immobilier ne prolonge pas cette durée. Pour les séjours plus longs, un visa de long séjour « visiteur » est nécessaire ; il requiert la justification d’un revenu stable et d’une assurance maladie privée, et n’autorise pas à travailler en France.

Quels documents un acheteur britannique doit-il fournir pour une demande de prêt immobilier en France ?

Il faut compter quatre catégories. Identité et résidence : passeport en cours de validité, justificatif d’adresse au Royaume-Uni et, le cas échéant, acte de mariage. Revenus : 12 mois de fiches de paie ou de formulaires P60, 2 à 3 ans de déclarations d’impôt sur le revenu (self-assessment) ou de calculs d’impôt de l’HMRC pour les travailleurs indépendants, et relevés de retraite pour les retraités. Documents bancaires : relevés bancaires britanniques des 12 derniers mois, justificatif attestant que l’apport personnel a été bloqué pendant une période raisonnable, et preuve des liquidités restantes après le versement de l’acompte. Documents relatifs au bien immobilier : le compromis de vente signé, ainsi que des devis ou un contrat de construction si l’achat implique des travaux. Tout document qui n’est pas déjà rédigé en français doit faire l’objet d’une traduction certifiée conforme, et les montants en livres sterling doivent être convertis pour le dossier.

Puis-je finaliser l’achat d’un bien immobilier en France sans me déplacer depuis le Royaume-Uni ?

Oui. Depuis un décret de 2020, l’ensemble de la procédure, y compris la signature finale chez le notaire, peut être effectuée à distance par procuration, l’identité étant vérifiée par vidéoconférence et les documents signés par voie électronique

Mis à jour le 12 août 2026 par Paul Desjardins, courtier en crédit immobilier spécialisé dans la clientèle internationale (n° ORIAS 25 010 121).

Paul Desjardins accompagne les acheteurs expatriés, les non-résidents et les investisseurs internationaux dans leurs projets de financement immobilier en France. Plus de 60 % de ses clients vivent à l'étranger : il les conseille en français et en anglais, de l'examen initial de leur dossier jusqu'à la signature chez le notaire. Il rédige pour Opeongo Finance des guides pratiques destinés aux clients internationaux qui souhaitent comprendre les règles du crédit immobilier français et obtenir un financement depuis l'étranger.


 


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